La TAO, le CAT, la crise,ses soeurs…

et nous…

 

 

 

 

 

 

Je souhaiterais tout d’abord aller à l’encontre de certaines idées reçues, selon lesquelles le traducteur serait un petit être, le plus souvent falot  et malingre, souffrant de pathologies névrotiques dues à l’exercice de son métier, comptant ses centimes tel l’écureuil ses noix et dont l’existence serait mise en danger par l’avènement de la Traduction Assistée par Ordinateur.

Certes, nous ne bénéficierons peut-être jamais de la considération portée à certains auteurs, créateurs, chercheurs, avocats ou chefs d’entreprise. Nous ne parlons pas cinquante langues couramment ; (il m’est arrivé de rencontrer un couple de traducteurs autoproclamés «octolingues » mais je pense qu’il devait s’agir d’une certaine forme de déviance). Nous n’avons pas suivi  d’études dispendieuses dans les plus grandes écoles à la gloire de la sacro-sainte Économie, nous ne sommes pas identifiables à nos vêtements de marque et nos signes extérieurs de richesse et, même si nous sommes indispensables au bon fonctionnement de la grand’messe de la mondialisation et de la communication, manquons, comme beaucoup d’autres corps de métiers,  de la plus légitime des reconnaissances sociales.

Et pourtant, nous sommes avant tout des linguistes,  des puristes et des artistes. Nous sommes affligées de voir le sort réservé aux langues que nous affectionnons, que nous avons étudiées pendant de longues années et que nous maîtrisons. Nous sommes interloquées par l’émergence d’une langue très étrange appelée « anglais des affaires » apparemment pratiquée, avec le succès que l’on connaît, sur toute l’étendue de notre « petite planète ».  Nous souffrons du dévoiement du concept de base de notre activité, soit la « communication », vidée de son sens pour satisfaire à des exigences de rentabilité et de profit immédiats. Nous nous efforçons de résister à la mise en pièces systématique de nos diversités linguistiques et culturelles, à l’effondrement d’un marché du travail prétendument miné par « la crise », de restaurer des relations de travail saines et harmonieuses…

Bien à vous.

 

 

 

 

1 Comment

Filed under Traductions

One response to “La TAO, le CAT, la crise,ses soeurs…

  1. Oumarou

    TAO, DAO et autres techniques surhumaines invéntées pour remplacer le traducteur ne sont qu’en fait des moyens de confirmer sa présence et sa valeur. On ne remplace pas un traducteur comme on remplace une roue de secours crevée. Le traducteur est irremplaçable quand il faut passer un message d’un langage vers un autre. Nous avons de beaux jours devant nous chers confrères!

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