Le gueuloir du vendredi

27/05/2011

Oh, le vilain mot !

Le principe fondateur de notre projet « The Great Translation Chain » est la notion de partage. Je sais, ça commence mal. De fait, quel est l’abruti qui serait encore tenté de partager quoi que ce soit avec quiconque ? Un catho qui, tressaillant de joie, file la pièce à un clodo ? Un Bill Gates qui, croulant sous le blé, la thune, le flouze, le pèze se sent obligé de donner une miette de son gros gâteau à des « bonnes œuvres » ? Un communiste, un vrai, un pur, un dur, un jeune chevelu d’un autre temps, quoi ? Un malade mental qui n’aurait pas encore compris les vertus du libéralisme débridé, du marche-ou-crève, du prend-l’oseille-et-tire-toi ? Pire, un fauché, qui sait ce que c’est lui, de ne pas avoir de pognon et qui, lorsque par miracle, arrive à en gratter un peu va payer sa tournée à ses potes ?

Le partage est furieusement anti-tendance, « out », comme ils disent. Il faut surtout bien rester dans son petit coin, surveiller son petit tas de fric, veiller à bien marcher sur la gueule de ses petits copains, trouver la petite idée en or qui permettra de baiser un maximum de gens en un minimum de temps, entretenir jalousement ses petits réseaux et surtout, surtout, bien fermer ses petits yeux sur l’immense bordel que tout cela provoque tout en spéculant adroitement sur la misère des autres.

Alors, si vous êtes aussi tarés que nous, si les valeurs qu’on vous impose vous rendent dingues, si vous pensez qu’il y a peut-être de la vie sur la Terre, des causes à défendre, si vous avez un peu de temps à consacrer pour essayer de secouer ce triste cocotier, rejoignez-nous. Rassurez-vous, vous ne toucherez pas un rond.

Bénédicte Voisin

20/05/2011

~Not Just a Game of Monopoly!

I am very sorry to have to mention this sad story again but I was pretty much shocked when I bought two left-wing French newspapers last Tuesday.

I was first astounded by the fact that the manager of the IMF and former candidate for the French presidency had been arrested after allegedly raping a maid in a luxury hotel in New-York and then completely baffled by the obscene display of pictures of an old man, unshaven, handcuffed and visibly exhausted accused of a crime which has not even been judged yet.

Although our national media keep trying to exploit this unexpected manna by telling us that such proceedings are perfectly normal in America I strongly disagree with the fact that the French press should behave in the same way. But sadly what sells more than dirty stories on sex power and money? They do sell much better anyway than propositions for a fairer society, bonuses regulation and ways to regulate global finance.

What I find the most unbelievable is that our principle of “présomption d’innocence “which does not translate into American English is joyfully flouted by such images and also by a large amount of opinion polls and declarations from former “friends “ of Mr Strauss-Khan, not to mention those of his opponents. This is all perfectly illegal under French law (see article below) and very handy that under the circumstances the applicable law should be that of the United-States of America… ” />The fact that our NYPD president decided to spend his honeymoon in Disneyland should not leave the door open to a massive Americanization of our way of life, culture and legal approach to extremely serious matters.

Although I am neither Greek nor Portuguese, I was not a supporter of this man for reasons that I do not wish to express here and have certainly nothing to do with his sexual life. However, I am very much attached to the French principle according to which any man or woman will be deemed innocent until judgment is passed. I am disgusted at the way most people tittle-tattle about the private life of Mr Strauss-Khan and his alleged victim and wonder if the words decency and compassion (all the more so if he is eventually proven guilty and if it is established that she was attacked and raped ) still have some resonance in our world.

And more :

CSA contre DSK

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel français «  garantit l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle dans les conditions définies par la loi. »

Tiens, tiens, tiens !

Voyons ce que nous dit le droit français au sujet des images parues dans la presse et des sondages réalisés par le CSA qui furent amplement commentés par la presse française et internationale immédiatement après l’arrestation de M. Strauss-Kahn :

Après l’article 35 bis de la loi du 29 juillet 1881 précitée, il est inséré un article 35 ter ainsi rédigé :
« Art. 35 ter. – I. – Lorsqu’elle est réalisée sans l’accord de l’intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image d’une personne identifiée ou identifiable mise en cause à l’occasion d’une procédure pénale mais n’ayant pas fait l’objet d’un jugement de condamnation et faisant apparaître, soit que cette personne porte des menottes ou entraves, soit qu’elle est placée en détention provisoire, est punie de 100 000 F d’amende.
« II. – Est puni de la même peine le fait :
« – soit de réaliser, de publier ou de commenter un sondage d’opinion, ou toute autre consultation, portant sur la culpabilité d’une personne mise en cause à l’occasion d’une procédure pénale ou sur la peine susceptible d’être prononcée à son encontre ;
« – soit de publier des indications permettant d’avoir accès à des sondages ou consultations visés à l’alinéa précédent. »

Loi Guigou 2000

Sans commentaire.

Bénédicte Voisin

Vote the Top 100 Language Professionals Blogs 2011

13/05/2011

‘I am fluent in English’, ‘I am a businessman, a marketing manager, a doctor, a teacher, a professor, a researcher, a lawyer, an editor, an artist and, although neither my mother nor my father is English, I feel perfectly comfortable speaking English and understanding it and I even go as far as to say humbly that I am bilingual’.

I have often, too often met people who were convinced of their ability to master this beautiful and yet endangered language and was also insulted by some who believed their knowledge of English was vastly superior to mine; the best example I have in mind is probably the day when, as I entered a lift in an international law firm, my two companions of travel who happened to be French lawyers decided to carry on their conversation in English for obvious reasons of confidentiality. Strangely their tactic worked for I found it suddenly quite difficult to understand the gromky goloss that bellowed out of them, O my brothers.
 read on!

Being French and although I think that after countless years of research, practice and endeavours to express myself in English in the best possible way (I have the sad feeling that this sentence is not quite right) when talking to native speakers I have managed to become a little proficient, I strongly believe that I will never be bilingual, which I regret deeply.

How could I dream to master perfectly such a complex and elusive language, to get the right music of the words without fail, to understand without apparent effort specific cultural references or crack the right joke at the right moment? So please, little Froggies, stop bragging about your amazing talents in business Henglish, legal Henglish or God-knows-what Henglish and go back to your grammar books and little dictionaries. Frankly, I think most of you would be distressed to hear the inner laughter of your English interlocutors when you open your mouths, you big shots.

Bénédicte Voisin

22/04/2011

Le Gueuloir du Vendredi

Ce titre, qui aurait pu être « bienvenue à Fukushima », n’est, fort heureusement, pas une de mes inventions, il y a quand même certaines limites à la dérision, mais s’étale en gros caractères sur deux pleines pages du Figaro magazine (édition du 16 avril 2011), instrument de propagande de M. Sarkozy,  Président d’un des pays les plus nucléarisés au monde et farouche VRP de l’énergie atomique.

Le premier moment de stupeur passé, le lecteur apprend que ces courageux journalistes, bravant toutes leurs légitimes craintes, se sont rendus sur le territoire maudit des bébés à trois têtes, des tumeurs cancéreuses, en bref, de la pire catastrophe humaine, animale et écologique survenue grâce aux bienfaits du nucléaire.

J’admire ces deux envoyés spéciaux, d’une part, pour leur vocation presque sacrificielle à informer le public, mais surtout pour leur habileté linguistique à manipuler l’opinion. Relisons un peu et traduisons, (langue source : langue de bois, langue cible : français).

Sous le titre et en surimpression d’une image destinée à évoquer aux inconditionnels  de ce magazine le souvenir d’un couteux voyage en terra incognita et de nuits inoubliables dans des « lodges » climatisées, C. Baran et C. Faimali jettent un premier trouble : Tchernobyl est « toujours contaminé, fermé à l’homme, mais la faune et la flore (y) prolifèrent étrangement ». Continue Le gueloir du vendredi

Premier émoi pour le lecteur : mon Dieu, mon Dieu, encore de nouvelles espèces dignes des pires inventions de Tolkien, des poules dotées de défenses d’éléphant, des arbres qui marchent?

Deuxième surprise : mais que vient faire ce « mais » dans la phrase ??? La révélation, l’épiphanie nous attend au détour de la page suivante : « la faune et la faune prolifèrent étrangement » signifie, loin des connotations négatives habituellement associées à la prolifération (surtout depuis l’invention du nucléaire) et à l’étrangeté, qu’il se passe, en fait,  un vrai miracle à Tchernobyl ; on peut y admirer à loisir « une faune et une flore aussi inattendues qu’insolentes de prospérité », des « élans, lynx, ours, chevreuil, cerfs, et autres loups qui se sont réappropriés l’espace», des « lapins bondissants », un « beau spécimen de loup à la toison d’or », se griser du chant de plus de « deux cent quatre-vingts espèces d’oiseaux » et observer pas moins de 400 espèces animales écrites en gros caractères….Mazette !

Le clou du spectacle est sans nul doute la cigogne chère à un certain Griva, obscur et irradié habitant des lieux. Cet oiseau de conte de fées, mais bien réel, soyons-en sûrs, « niche au sommet d’un poteau électrique et revient tous les ans, en pleine santé » portant certainement dans son bec robuste des bébés, eux aussi en pleine santé, pour les offrir, les larmes aux yeux, aux femmes qui présentent, elles, toutes des malformations gynécologiques leur interdisant à jamais la maternité.

D’ici quelques années, le magazine nous contera l’histoire édifiante de nouveaux russes bondissant dans les forêts, de babouchkas tricentenaires au teint de pêche, de devotchkas  à la beauté surnaturelle envoutant le voyageur égaré mais aussi celle des merveilleux parcs naturels de Fukushima, du Tricastin ou de Beaver Valley….

15/04/2011

We offer 0,02 cts per word.

We require a sample of your work before proceeding. Please find below an excerpt of our 7,501 word document.

Il n’y a pas de texte intraduisible, que des traducteurs impuissants.

SOUS TOUTES RESERVES

Et pour que le sus-nommé ne l’ignore ,ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, j’ai au domicile et parlant comme dessus, lampadophore maint rêve vespéral brûlé par le Phénix, remis et laissé copie de mon acte, (car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx )avec, sous enveloppe fermée ne portant d’autre indication d’un côté, nul ptyx, que les nom et demeure de la partie, aboli bibelot d’inanité sonore, de l’autre que le cachet de mon étude proche la croisée au nord vacante apposé sur la fermeture du pli, par clerc assermenté que ne recueille pas de cinéraire amphore sur les crédences, dont les mentions seront visées par moi sur l’original conformément à la loi, employé pour la copie 3 feuille ,dans l’oubli fermé par le cadre.

08/04/2011

Would you like to come to my Zynga, with your wonderful Ubisoft, complementary to my Memesis Republic, to join my Mamba Nation in order to Kalisto my Farmville situated in Yoville which has a few problems with Mafia Wars in the suburbs of Cityville and if you want to mess with my Playfish you better get your Kobojo together if you want to get Rewardville!

If, like me you’re lost in translation read on:

Alice Alas in Virtualand

Down, down, down the internet she fell, would the fall never come to an end?

« Tu n’as donc jamais entendu parler de MOI, le social gaming, la poule aux réseaux d’or, le petit frère du social shopping en achat groupé à la façon Groupon », lui dit le jeu en ligne excédé, « Tu ne savais même pas que je permets à mes adeptes de parler de leurs récoltes de tomates sur Facebook dans Farmville et que suis devenu la nouvelle cible de Ruppert? Where have you been ?

Tu n’as pas ressenti la puissance de mes vertus pour rapprocher les gens et fédérer des communautés d’émotion, tu n’as pas compris que je tire ma sagesse des enseignements de Platon ?

Je mise sur la légèreté, la convivialité superficielle et la répétition. Je suis magique, je ne nécessite aucun talent, aucune dextérité et je te permettrai de progresser mécaniquement à condition que tu me fréquentes régulièrement, de toutes façons, tu n’as aucun talent, aucune dextérité et aucun avenir, you numbskull, tu es bien incapable d’avoir des vraies relations avec quiconque et tu n’as rien dans la tête.

J’ai déjà séduit un public adulte parce que c’est moins difficile de solliciter des gens pour planter des tomates dans un champ virtuel que de leur proposer de partir en vacances. Je te transformerai au choix en une puissante fermière ou en un boss redouté de la mafia. Plus tu joueras, plus tu gagneras ; jouer plus pour gagner plus, voilà le deal. Pour quelques centimes d’euro, on te filera des  zcoins et  tu pourras te payer une arme, une monture ou de l’engrais pour maximiser ta récolte, do you hear me ?

On te monétisera au maximum, n’aie pas peur. Mon pote Mamba a déjà un joli cheptel composé à 75% de filles de moins de 18 ans, comme toi, d’ailleurs, on mise beaucoup sur cette nouvelle manne. Tu es dorénavant entrée dans un nouveau écosystème, t’en fais pas, il est très tourné vers le réel… »

Librement adapté d’un article de C. Alix paru dans le journal Libération du 7 avril 2011, Le « social gaming », poule aux réseaux d’or et –malheureusement-fidèle aux déclarations de M. N. Gaume « ancien petit prince du jeu vidéo français » (selon la même source).

01/04/2011

Hiya  member a hamburger

En ligne de mire ce vendredi, l’enseignement des langues et de l’anglais en particulier en France dans le système éducatif et dans les sociétés ayant pignon sur rue et placards publicitaires dans toutes ou presque les villes de ce pays.

De toute évidence, ça ne marche pas.

Ni dans l’enseignement public, ni dans le privé d’ailleurs et pas davantage dans ces magnifiques sociétés. La situation dans les collèges est une catastrophe patiemment orchestrée par des politiciens, décideurs, formateurs, formateurs de formateurs et « pédagogues » de tout poil, entretenue par des manuels indigents et racoleurs, assistés par des CDs insipides dans lesquels des intervenants aux voix de fausset débitent des pseudo dialogues où se mêlent allègrement anglais britannique, américain, australien ou sud-africain artificiels et français de mauvaise qualité.

Comment faire en sorte que 25 élèves (au minimum) par classe puissent, dans l’espace d’une heure de cours, vaguement essayer d’apprendre quoi que ce soit ? Une solution miracle : l’interactivité et ses petits frères, les jeux de rôle et les flash-cards…joyeux bordel garanti à 90% et dépression nerveuse assurée pour l’enseignant qui n’en est plus un car il se doit d’endosser l’habit de l’animateur du dimanche et de proposer aux jeunes d’effectuer toute une série de « micro-tâches » et « tâches »culminant dans une « macro-tâche » qui lui assurera une « bonne note » à son inspection. Beurk.

Evidemment, après un minimum de sept ans d’apprentissage, le français moyen se retrouve fort dépourvu lorsque sa boîte lui demande d’ânonner quelques mots anglais en public, de bafouiller une « présentation » et/ou de bredouiller une réponse à un Britannique exaspéré à l’autre bout du fil.

Là encore, une solution miracle : les sociétés dispensatrices de formation en langues étrangères. Ce ne sont plus des cours mais des formations et donc, là, ça ne rigole plus.

De fait, pour une somme généralement astronomique ces philanthropes garantissent à leurs clients une maîtrise quasi-instantanée de l’anglais de tous les jours, de la conversation, du voyage, des affaires etc. Une fois harponné, le client ayant à cœur de sauver son emploi, ou de se donner les chances d’en (re)trouver un, aura la joie de s’entretenir avec des formateurs expérimentés de langue maternelle anglaise, comprendre des gugusses sous-payés, aux contrats mal-ficelés, généralement sans aucune expérience du milieu des « affaires » qui leur expliqueront, en réprimant leurs bâillements, comment réaliser le Yorkshire pudding ou se rendre à Time-Square en passant par Broadway.


In the firing-line this Friday, language teaching in France -in particular English- both in the education system and flagship companies benefiting from monopolizing gaudy mass advertising in most public places.

All evidence points to one thing – it does not work, neither in French public and private schools, nor in these so-called magnificent ‘quick-fix’ companies.

In French schools, the catastrophic result has been carefully orchestrated by legions of politicians, the powers that be, trainers, trainers of trainers and a mixed bag of pedagogues, force-fed by empty and ‘enticing’ training manuals accompanied by annoying robot voice-over CDs joyfully mixing false British, American, Australian, South-African ‘English’ and not forgetting the inclusion of inarticulate French.

How to vaguely engage a minimum of 25 pupils for an hour? A miracle solution- interactivity and its avatars, flash-cards and role-plays! 90% guaranteed mayhem from the kids and depression for the teacher who has been turned into a kiddies performer doing the Sunday rounds offering the pupils to perform a series of “menial-tasks”, “tasks” and “macro-tasks” which will guarantee him a “good mark” in his inspection. Yuk!

Of course after a minimum of seven years in such training, the average French person finds himself out on a limb when asked by his company to string a couple of English words together at a meeting, stammer his way through a presentation and/or splutter an answer to an exasperated Brit over the phone.

Once again- miracle solution! Language training companies. They provide “training” not “lessons “-this is getting serious!

Indeed, in exchange for an exceptionally large sum of money, these philanthropists guarantee their clients almost instant fluency in everyday English, conversation, travelling, business, the list is endless. Once hooked, the client bent on trying to save his job or to find a new one will enjoy the privilege of coming together with experienced English mother tongue trainers (understand these are underpaid victims with dodgy contracts and little experience of business) who will explain to him stifling their yawns how to navigate his way around Yorkshire pudding recipe or how to get himself from A to B without finding himself lost in translation.

25/03/2011

Translation an Art?

Is translating an art or merely a way of making a few quid?

I say a few quid when actually it’s more like a few pence!

Whilst working away today at my “other job”; a language consultant for Paris based companies; I was interrupted by the constant Ping-Pong of email alerts.  Of course when you are a bit of a twitter fan, you can’t help but take a look.

So, what did I have? Reams and reams of offers of translation work. Now you may say “that’s a good thing isn’t it?” but I’m going to tell you that in this case the answer is most definitely no!

Let me give you a tiny idea of why:

First offer of the day was for a translation of 16,600 words from English into French with a deadline of a couple of days. The grand reward for this massive task was – wait for it – 0, 04 € per word! Yes, the final reward works out nicely but at what cost?

The next offering of the day brings me on to my pet hate. Proofreading & re-writing Google translated articles in French for the overly generous sum of 5$ per 10 articles!

In order not to bore you I will stop with the examples.

Let’s look at things for what they really are for just a second. Companies want experience – how do you get it without being paid peanuts along the way? Companies want good credible degrees – are you really going to go through four years of hard study to be paid peanuts afterwards?

So going back to the original question; is translating an art? Quite frankly, done properly yes it is. Of course if you’re not willing to pay a “reasonable rate” in the first place then expect to have to pay to have it proofread or even worse re-written afterwards.

A good translator researches their subject, gets right inside the nuance of technical words and phrases and then last but certainly not least makes it an authentic read for the target audience. Being bilingual is not the only thing that makes a good translator – it’s a love for word and a respect for keeping language understandable.

My final Friday sound-off is in the form of a question:

In your opinion what is a reasonable rate for a credible translator?

18/03/2011

Quand il n’y a pas de mots à mettre sur les maux, parce qu’on ne sait pas ce qu’ils signifient, parce qu’on ne nous les a jamais appris ou entendus , quand la parole devient grognement, onomatopée, hurlement désarticulé, quand le sens se vide au profit du son, quand le langage nous échappe parce qu’on ne sait plus à quelle culture se référer, parce qu’on n’est plus qu’une couleur,  un numéro donné par d’autres à une  banlieue , un quartier ou, pire, à un bâtiment, quand l’écrit se fissure, implose, devient la retranscription d’une bouillie sonore envoyée frénétiquement par le biais de technologies de pointe, quand les autres, les détenteurs du « discours » officiel, les créateurs du slogan publicitaire et politique se foutent ouvertement de nous, alors,  bien sûr, il ne reste plus que les coups : de poings, de couteaux, de fusil, de sang.

In memoriam.

5 responses to “Le gueuloir du vendredi

  1. Hi Samantha,
    Thank you for the interesting post! Pricing for freelance translators has been a popular topic lately, especially if you take into account the many comments posted in Corinne McKay’s recent blog post “How much do freelance translators earn? Is it enough?” (http://thoughtsontranslation.com/2011/03/07/how-much-do-freelance-translators-earn-is-it-enough/) and her follow-up post “Putting 40 cents a word in context” (http://thoughtsontranslation.com/2011/03/15/putting-40-cents-a-word-in-context/). I think this a serious issue if you take into consideration the rates most translators accept nowadays. The more articles and posts highlighting it, the better. Only good can come of them.
    Pricing is one of the most important factors to be taken seriously as a professional. Nobody considers a “cheap” service to be any good. Translators have to understand what their work is worth and educate their clients accordingly. So, without further ado, let’s talk money. I think the bottom-line price for technical translation should be € 0.09 per word (if work is subcontracted by agencies, at least € 0.12 if it’s from direct clients), for subjects that the translator is extremely comfortable with and can produce about 600-700 words per hour. For all other cases, you just go higher. If the project involves terminology research, extra proofreading, formatting or anything else that takes time and/or the client/agency asks for.
    Of course, I agree that in some countries the cost of life is lower, so translators can afford to charge less. But I still don’t think that rates as € 0.01 per word for translation are adequate for anyone to live on (and probably support a family).
    Translators always think that they don’t have as many costs as translation agencies, so it’s ok to charge much lower. That’s not true. A freelance translator is also an entrepreneur. Costs and time must be accounted for project management, invoicing, marketing, networking, office supplies, continuing education, CAT tools, hardware & software etc. So, you don’t actually have 8 hours to translate every day, you have much less if you take into account all the above. Plus, pricing must include all the benefits and perks we don’t get as freelancers (paid vacation, paid national holidays, benefits etc.).
    Anyway, you asked if translation is an art. It depends on the translator. When you truly love what you do and think you’re fairly paid for it, your work reflects that. There are days when I feel more creative in my work than others, projects that allow me to produce a better translation, clients I like more than others and for whom I’ll make a bigger effort etc. Some days I feel really proud of my translations, some I only feel satisfied and content for producing a good and professional result. I’m guessing literary translators view their work as an art more often than technical translators do. I mean, there’s not much room for creativity when translating manuals for medical instrumentation or chainsaws🙂
    Catherine
    P.S. I had a similar week with lots of low-rate offers for translation. After 9 years in the business, I don’t have the patience to answer, I just press delete.

  2. Thank you Catherine for your interesting and honest reply to this Blog. I too follow Corinne McKay’s Blogs with interest. It’s true that more dedicated and professional translators need to have their say on this subject in order to address the problem fully.

    I wish you all the best and continued well-paid success in the future!

  3. Pingback: Jest for fun! | SJC Paris Blog

  4. Pingback: About « Quality in Translation | SJC Paris Blog

  5. l0ki

    Je souhaiterais à mon tour pousser un (petit) cri dans votre gueuloir du vendredi.
    J’en ai un peu assez de tous ces slogans “mondialisés” du genre “motion and emotion” ou “intelligent workspaces” etc que l’on peut lire dans des publicités à vocation “mondiale” – qui offrent (croient-ils) le grand avantage de dispenser de frais de traduction les annonceurs – et qui ne touchent finalement personne.
    Finalement, je préfère de loin la publicité tout en allemand de ce constructeur automobile qui fait mouche même si l’on y comprend rien, parce qu’il utilise un langage “vrai”.

    Mais le pire reste quand même ces publicités en mauvais anglais pour faire “international”.
    On a tous en tête le célébrissime “I speak [….] english … and you?”
    Mais dernièrement j’ai découvert avec horreur : “Before, I had a big nose. But that was before.” A moins qu’une ironie sous-jacente m’ait peut-être (et je l’espère très fort) échappé.
    Bien à vous et continuez à gueuler.

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